Il n'existe pas de définition officielle et universelle du mot "spam". Néanmoins, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) le décrit ainsi : Envoi massif et parfois répété de courriers électroniques non sollicités à des personnes avec lesquelles l’expéditeur n’a jamais eu de contact au préalable, et dont il a capté l’adresse électronique de façon irrégulière.
Aussi appelé pourriel, polluriel, courrier-rebut, il s’agit à l'origine d’une marque anglaise de corned-beef. Plus précisément, SPAM est un acronyme pour "Spiced Pork And Meat" (pâté épicé à base de porc et de viande). La théorie la plus courante veut que le terme provienne d’un sketch des Monty Python, dans lequel les comiques britanniques chantaient : "Spam spam spam spam, spam spam spam spam, spam spam spam spam…". La chanson, interminable et interprétée crescendo, couvrait les propos des autres protagonistes.
Quels sont les différents types de courriers indésirables ?
Les courriers indésirables peuvent revêtir divers aspects ; voici quelques déclinaisons possibles :
Spams commerciaux (UCE/UBE)
Il s’agit d’e-mails publicitaires vantant l’intérêt d’un produit ou d’un service. Généralement rédigés en anglais, ils représentent la majeure partie des courriers indésirables envoyés. Ces spams concernent essentiellement la santé, les loisirs, la finance et les services web, mais peuvent également présenter un contenu choquant (messages à caractère pornographique, politique, religieux, racial…).
On distingue les UCE (Unsolicited Commercial E-mail) des UBE (Unsolicited Bulk E-mail). Les premiers sont envoyés par des entreprises ne respectant pas, intentionnelement ou par méconnaissance des législations, les réglementations pour leurs envois (envois massifs, collectes suspectes, liens de desinscription absents ou innactifs...). Les UBE sont beaucoup plus pernitieux. Il sont envoyés de sombres façons par des spammeurs professionnels. Ceux-ci inventent de nombreuses techniques pour déjouer les règles des solutions anti-spam et savent généralement bien conserver l'anonymat.
Virus à propagation automatique
Ils exploitent les carnets de contacts des machines infectées et se propagent extrêmement facilement. Ils sont souvent inclus dans un e-mail simple contenant quelques mots et une pièce jointe.
De surcroît, les créateurs de virus travaillent de plus en plus main dans la main avec les spammeurs, contribuant ainsi à leur diffusion.
Notifications de serveurs
Egalement appelés "Mail Delivery Message", ces e-mails sont envoyés automatiquement sur l’adresse de l’expéditeur pour le prévenir qu’un destinataire n’a pas reçu son message. Avec la prolifération des virus utilisant les carnets de contacts, ces messages sont de plus en plus nombreux.
Scam
C’est une escroquerie qui repose le plus souvent sur des propositions de participation à une opération financière internationale très alléchante. Initialement pratiqués par courrier traditionnel ou par fax, les scams ont aujourd'hui leur déclinaison par e-mail.
Phishing
Cette technique consiste à prendre l’apparence visuelle d’un service en ligne connu et à demander à un internaute réellement client du site de mettre à jour ses données personnelles dans un formulaire factice afin de les intercepter.
Le montant total des fraudes attribuables au phishing en 2004 s’élève à 137 millions de dollars, occasionnés par 31 000 attaques (source : TowerGroup).
D’où vient le spam ?
Avec le développement exceptionnel de l’Internet et du courrier électronique, les spammeurs ont trouvé un formidable outil pour communiquer massivement : l’e-mail est universel et accessible sur de plus en plus de supports. De plus, il est instantané et interactif, il peut être archivé et renvoyé facilement, et son coût est quasi nul en comparaison à celui d’un mailing postal.
Les spammeurs profitent également de la lenteur judiciaire liée aux nouvelles technologies et de la relative inexpérience ou innocence des internautes face à ce fléau.
Combien coûte le spam ?
Le spam coûte beaucoup d’argent aux entreprises. Il est estimé entre 600 et 1000 dollars par an et par salarié. En fonction du nombre de postes et de la quantité moyenne de spams reçus, il est assez simple de réaliser une estimation du coût généré par le spamming pour une entreprise. Cette charge inutile nuit au bon fonctionnement de l’entreprise : elle paralyse l’activité des employés et monopolise les ressources informatiques utiles à d’autres tâches.
Comment les spammeurs collectent-ils les adresses e-mail ?
Achat ou échange d’adresses
Il devient facile de se procurer des fichiers d’adresses nominatives auprès d’acteurs douteux pratiquant l’art de la collecte déloyale.
Robots ou "crawlers"
Ce sont de petits logiciels programmés pour rechercher et stocker automatiquement toutes les adresses e-mail que l’on peut trouver sur le web.
Usenet, mailings list, Chat room…
Ces places de discussion aux mécaniques parfois archaïques sont de véritables mines d’or pour les spammeurs qui aspirent tout ce qui peut contenir un arobase.
Sites Internet
Certains exploitants ou webmasters peu scrupuleux transmettent les informations personnelles d’internautes à des tiers, en détournant le but de la collecte.
Chaînes ou "Hoax" (rumeurs)
Messages faisant appel au bon coeur et à la naïveté des internautes pour répandre de fausses informations. Beaucoup de gens n’hésitent pas à relayer ce type de message parfois même sur tous leurs contacts. Les chaînes sont de véritables pots de miel pour les spammeurs.
Virus
Certains virus, plus particulièrement les vers, aspirent et utilisent les listes de destinataires des internautes mal protégés pour se propager. Beaucoup de spammeurs profitent de ces propagations pour collecter.
Reconstitution d’adresse e-mail (e-mail address harvesting)
Piratage mené par certains spammeurs pour dérober le répertoire complet des adresses E-mail d’une entreprise. Le principe est de reconstituer aléatoirement (prénom.nom@domaine.com par exemple) des adresses et de les tester. La gratuité de l’envoi de mail rend cette technique très pratiquée.
Informations sur la répartition des spams en fonction du contenu et de la langue
On remarquera dans l'analyse des représentations graphiques ci-dessous que la plupart des spams reçus en France sont d’origine anglo-saxone (85%, d’après la CNIL). De plus la nature des contenus converge souvent vers des secteurs d'activité bien précis (pornographie, finance, internet...)
Répartition des spams en fonction de leur contenu ( source Brightmail, sept. 2003)
Répartition des spams en fonction de la langue dans laquelle ils ont été rédigés ( source CNIL, 2002)